Expédition scientifique au Groenland

Avec la participation de notre collègue Nicolas Gaidet invité du 19/07 au 18/08/2016!!

Le projet "Expedition Renland" sur la côte Est du Groenland (Scoresby Sund) fournira l’assistance logistique (transport, sécurité) pour faciliter l’accès au terrain, en collaboration avec d'autres équipes de recherche (glaciologues, biologistes marins, ornithologistes) ce qui permettra de réduire fortement les coûts et faciliter la logistique.

Cette mission s'inscrit dans le cadre des activités développées avec l'Institut Pasteur de Paris et l'INSERM sur l’étude de la transmission environnementale des virus influenza aviaire (VIA). Plus précisément, la transmission environnementale est considérée jouer un rôle majeur dans la circulation et l’évolution des VIA. La réintroduction dans des populations hôtes de virus maintenus dans l'environnement interagit avec les processus de mutation antigénique virale et la pression sélective immunitaire de l'hôte pour maintenir un niveau élevé de diversité génétique des VIA chez les oiseaux sauvages. Les études portant sur le rôle de la transmission environnementale ont jusqu'à présent porté principalement sur une persistance dans l'environnement à court terme (semaines ou mois) et non à long terme (années).
 
L'objectif principal de "Expedition Renland" est de comprendre le potentiel de l'environnement arctique à agir comme un réservoir à long terme pour les VIA, afin de mieux comprendre la dynamique épidémiologique mondiale des grippes aviaires. Les études sur la survie des VIA dans l’environnement des régions froides ont été limitées jusqu’à présent aux zones boréales, et non aux zones arctiques. Ces zones arctiques constituent des zones uniques de regroupement d’oiseaux migrateurs en provenance d’Amérique du Nord et d’Eurasie pour se reproduire, constituant une zone d'échange de virus entre les hémisphères occidentaux et orientaux. Par ailleurs, les températures en dessous de 0°C pendant 9 mois par an constituent un environnement optimum pour la persistance à long terme des VIA. Les écosystèmes de zones arctiques ont la capacité de conserver dans des eaux ou des sols gelés pour plusieurs années des VIA introduits par les oiseaux migrateurs. Les VIA libérés après plusieurs années peuvent constituer des souches à fort potentiel épizootique puisque les populations hôtes d’oiseaux ont potentiellement perdu leur immunité pour ces anciennes souches.
 
Deux composantes complémentaires : la capacité des VIA à se maintenir dans environnement arctique, et la capacité des oiseaux migrateurs à maintenir une immunité à long-terme (réalisée en collaboration avec une équipe de l’Université de Kalmar (Suède) avec qui nous collaborons et publions depuis plusieurs années).
 
Cette première étape du projet permettra de collecter des échantillons pour tester la présence de VIA dans l’environnement (eau, glace) dans une zone arctique où se reproduisent des oiseaux migrateurs, et de tester en laboratoire la viabilité à long–terme des virus dans l’environnement (test expérimental à partir cycles de congélation/décongélation réalisés à l’Institut Pasteur, Paris).

Nous poursuivons les études des grippes - aviaires et porcines, en lien avec humaines-  en zones tropicales et méditerranéennes (et Sibérie en 2005 par N. Gaidet), en écologie notamment des migrateurs, épidémiologie, surveillance, également analyse de risque, évaluations pour la société CEVA sur l'efficacité en milieu réel de la vaccination, etc.

Cette expédition scientifique bénéficiera d’une couverture médiatique (presse, documentaire TV).

En savoir plus Lost Words.

Publiée : 18/07/2016

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